ÉDITO #Quelques mots Quand la pénurie est plus qu'une menace ! M algré les mesures mises en place par le gouvernement en 2024 pour faciliter l’ac- cès à la propriété et encourager l’investis- sement, force est de constater que le marché immo- bilier luxembourgeois est toujours à l’arrêt. Bien que prolongées jusqu’à fin juin, ces aides ont été un coup de pouce conséquent mais restent temporaires et ne constituent pas une solution durable. Elles n’ont pas suffi à restaurer la confiance des acheteurs, qui restent inquiets : rien ne leur garantit que le promo- teur ne fera pas faillite en cours de projet. Pour réellement sécuriser les acquéreurs, des réformes plus profondes s’imposent, notamment sur le plan législatif. L’article 1601-5 du Code civil oblige le vendeur en VEFA à fournir soit une garantie d’achè- vement, soit une garantie de remboursement en cas de défaillance. Mais cette protection reste incom- plète : elle ne couvre pas les frais liés au terrain, lais- sant certains acheteurs dans une impasse juridique, notamment en cas d’indivision. Bien évidement une telle réforme impliquerait une adaptation de la régle- mentation bancaire par le régulateur. Le ralentissement des ventes en VEFA est bien réel. Les taux baissent, les banques prêtent davantage, la demande est là. mais les constructions ne suivent plus. Or, il faudrait construire environ 6.400 nou- veaux logements par an* (voir graphique). Les obstacles à la construction sont trop nom- breux, et nos entreprises n’ont tout simplement plus les moyens d’y faire face. En 2024, l’Observatoire de l’Habitat n’a recensé que 789 ventes d’appartements en VEFA, un nombre quatre fois inférieur à la moyenne des années pré- cédant la crise et, rappelons-le, boosté par les aides étatiques. En 2023, seulement 571 ventes d'appar- tements neufs ont été enregistrées, alors qu'elles étaient de 3.199 en 2019 ! La pénurie de logement n'est plus une menace, elle est réelle. Faisons le calcul : en se basant sur les besoins annuels en nou- veaux logements et les ventes d'appartements neufs depuis 2019, il manquerait déjà 26.729 logements ! Cet immobilisme n'est pas uniquement le problème du secteur de la construction, mais de toute notre société. Car il aura des conséquences majeures non seulement sur notre système social et de pen- sion, mais il pousse également de plus en plus de personnes dans la précarité et dans une économie parallèle. Il serait grand temps que les uns et les autres cessent de se regarder en chien de faïence pour œuvrer ensemble à la résolution de ce pro- blème d'importance nationale. Paul et Marc Giorgetti 7.000 6.400 6.000 5.000 4.000 Vente d'appartements neufs** 3.000 Estimation Fondation IDEA en 2019 : nécessité de construire 6.400 logements par an* Déficit de 26.729 logements 2.000 1.000 0 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 Sources : * Enquête sectorielle de l'Autorité de la Concurrence, juillet 2023. * *Fichier de la publicité foncière, Statec, 2023. Livraison de ± 500 logements terminés par année avril 2025 GIO INSIDE 3
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